 L'évolution des indicateurs conjoncturels à fin juin 2009 rassure. Le taux de croissance de l'économie nationale (compris entre 5% et 5,7%) semble toujours réalisable.
En effet, selon la dernière note de conjoncture du ministère de l'Economie et des Finances (N° 152), le deuxième trimestre 2009 a été marqué par une croissance soutenue de l'activité agricole ainsi qu'un comportement favorable de certaines activités hors agricoles. Ainsi la production céréalière (blé dur, blé tendre, orge) réalisée au terme de la campagne agricole 2008-2009 a avoisiné, selon les premières estimations du ministère de l'Agriculture et de la Pêche Maritime, 102 millions de quintaux. Elle a progressé de 99% par rapport à la campagne précédente et de 96% par rapport à la moyenne des dix dernières campagnes. Bien évidemment, les conditions climatiques favorables dans la plupart des zones agricoles est le facteur déterminant. La hausse est aussi le mot d'ordre dans bien d'autres activités au terme de ce deuxième trimestre 2009. A commencer par la production d'électricité qui a augmenté de 3,5% en glissement annuel après une baisse de 0,8% au premier trimestre 2009. Les ventes de ciment ont cru, quant à elles, de 19,1% par rapport au premier trimestre 2009 et de 3,9% par rapport au même trimestre de l'année précédente. En revanche, l'activité minière continue de pâtir de la contraction de la demande mondiale pour les produits phosphatés.
S'agissant de l'activité industrielle, les anticipations des chefs d'entreprises demeurent favorables pour le deuxième trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent. Il n y a que l'industrie du textile et cuir qui est, semble-t-il, en mauvaise posture, puisque sa production risque de baisser. Quant au secteur touristique, les indicateurs d'activité, à savoir les arrivées de touristes et les nuitées réalisées dans les hôtels classés, ont progressé au second trimestre respectivement de 13,4% et 0,4% en glissement annuel.
Demande intérieure Et comme d'habitude, la demande intérieure continue de soutenir la croissance. Elle tire profit de la hausse des revenus des ménages ruraux suite à l'excellente campagne agricole, du recul du taux de chômage (8%), de la poursuite de la croissance des crédits à la consommation (+24% à fin juin 2009) et des efforts déployés par les pouvoirs publics pour soutenir le pouvoir d'achat à travers la réduction de l'impôt sur le revenu et la revalorisation des salaires. Côté investissement, des signes de dynamisme persistent encore, malgré le contexte de crise économique mondiale, comme en témoigne la hausse de 23,8% des crédits accordés à l'équipement.
Contrairement à l'évolution de la demande intérieure, les échanges extérieurs demeurent impactés par la contraction du commerce mondial.
À fin juin 2009, les exportations et les importations de biens et services ont enregistré en effet un recul en valeur respectivement de 26,1% et 16,8% en glissement annuel, portant ainsi le taux de couverture à 67,1% contre 75,5% à fin juin 2008.
Les échanges de biens ont dégagé un déficit commercial chiffré à 72,6 milliards de dirhams contre 75 milliards un an auparavant, ce qui correspond à un allégement de 3,1%. Cette situation découle de l'atténuation du déficit dégagé des échanges des produits énergétiques et des produits finis de consommation respectivement de 36,1% et 7,5%. Au terme du premier semestre 2009, l'exécution de la Loi de Finances 2009 a été globalement satisfaisante. Quoiqu'en baisse comparativement à l'année dernière, les recettes fiscales se sont réalisées à un taux globalement en ligne avec les prévisions initiales, s'établissant à 51,2%. Il en est de même de l'exécution des dépenses ordinaires (44,3%), marquées par une contraction des charges de la compensation suite à la baisse des cours des matières premières.
En outre, le rythme d'exécution des dépenses d'investissement a enregistré une amélioration (72,5%). L'évolution des recettes et des dépenses, à fin juin 2009, s'est soldée par un excédent budgétaire de 2,3 milliards de dirhams. ------------------------------------------------------------------
Financement de l'économie Le rythme de croissance de la masse monétaire a poursuivi son ralentissement à fin juin 2009. L'agrégat M3 a augmenté par rapport à son niveau à fin décembre 2008 de 1,5% après une progression de 4,8% un an auparavant. Cette évolution recouvre une évolution différenciée des sources de la création monétaire. Ainsi, le rythme de progression des concours à l'économie a poursuivi sa décélération (+24 milliards de dirhams ou +4,5% par rapport à fin décembre 2008 au lieu de +49,5 milliards ou +11,3% l'année précédente), les avoirs extérieurs nets se sont inscrits en baisse (-9,3 milliards ou -4,7% par rapport à fin décembre 2008) et les créances nettes sur l'Etat ont quasiment stagné par rapport à leur niveau à fin décembre 2008 (-0,3%).
En termes de marché, les taux d'intérêt du marché interbancaire se sont inscrits en baisse en juillet 2009 et ce, après la hausse intervenue en juin dans un contexte de persistance du resserrement des trésoreries bancaires. juillet 2009 a été marqué aussi par le raffermissement du recours du Trésor au marché des bons du Trésor par adjudication et par le maintien de la tendance baissière des taux obligataires primaires. Par Redouane Chakir | LE MATIN
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